Innovation

Innovation thérapeutique : le CHU de Rennes réalise sa première cryoneurolyse

Une première médicale vient d’être franchie au sein du service de médecine physique et de réadaptation (MPR) du CHU de Rennes. Sous la conduite des docteurs Charles Guignans et Simon Butet, les équipes rennaises ont procédé à la première intervention de cryoneurolyse destinée à traiter la spasticité (hypertonie musculaire) des muscles du mollet. Cette avancée s’inscrit dans le cadre du protocole de recherche clinique Cryostroke, coordonné par le CHU de Poitiers.

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Une nouvelle approche mini-invasive pour traiter la spasticité

La spasticité, caractérisée par des contractions ou raideurs musculaires réflexes (spasmes, contractures, posture physique anormale...), constitue une séquelle fréquente et invalidante de pathologies neurologiques majeures telles que l’accident vasculaire cérébral (AVC) ou la sclérose en plaques. Au-delà de la douleur, elle peut entraîner des déformations neuro-orthopédiques et des difficultés de mobilisation du membre atteint.

Jusqu’alors, la prise en charge des patients spastiques reposait souvent sur la neurotomie, un acte chirurgical consistant à sectionner partiellement le nerf moteur. La cryoneurolyse offre aujourd’hui une approche différente : guidée par échographie et électrostimulation pour une précision millimétrée, cette technique consiste à appliquer un froid extrême (environ -80°C) directement sur le nerf périphérique ciblé via une sonde. Ce « choc thermique » bloque temporairement la transmission du signal nerveux responsable de la contraction excessive, permettant ainsi de réduire la raideur et les spasmes sans acte chirurgical lourd.

Une première réalisée dans le cadre du protocole de recherche Cryostroke

Cette intervention rennaise marque une étape clé dans l’étude Cryostroke, qui vise à comparer la cryoneurolyse face à la neurotomie chirurgicale chez les patients victimes d’un AVC présentant une spasticité gênante du pied, notamment responsable d’un équin du pied.

Les bénéfices attendus sont majeurs : diminution significative de la résistance au mouvement, soulagement des douleurs spastiques, et surtout, amélioration fonctionnelle de la marche (vitesse, équilibre, réduction de la boiterie). Si les résultats de l’étude confirment l’intérêt de cette méthode, les équipes du CHU de Rennes espèrent étendre son application à d’autres cibles musculaires, notamment aux membres supérieurs et au quadriceps, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives pour la rééducation et la qualité de vie des patients.
 

Première cryoneurolyse au CHU de Rennes