Démarche RSE

Soigner mieux, pas forcément plus : l’écoprescription en pratique au CHU de Rennes

Au CHU de Rennes, la transition écologique s’incarne aussi dans les pratiques de soins. L’écoprescription, au cœur de la stratégie d’écoconception des soins, vise à intégrer l’impact environnemental dans les décisions médicales, au même titre que l’efficacité et la sécurité des traitements. L’enjeu n’est pas de moins prescrire, mais de prescrire plus justement : privilégier des solutions thérapeutiques simples, moins invasives et moins polluantes, tout en garantissant la qualité des soins.

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Une approche concrète au service des patients et de l’environnement

L’écoprescription se traduit au quotidien par des choix adaptés : favoriser la voie orale plutôt qu’injectable lorsque cela est possible, limiter le nombre de prises ou encore recourir à des traitements combinés.

L’exemple des antibiotiques ceftriaxone et céfotaxime illustre cette démarche. Ces deux molécules, appartenant à la même famille, présentent une efficacité comparable dans le traitement d’infections sévères (urinaires, digestives, pulmonaires ou encore méningées).

Leur différence principale réside dans leur mode d’administration :

  • la ceftriaxone permet une seule injection par jour,
  • le céfotaxime nécessite trois injections quotidiennes.

Une évolution des pratiques fondée sur les données scientifiques

Historiquement, le céfotaxime était privilégié en raison d’un risque supposé de résistance bactérienne lié à l’utilisation de la ceftriaxone. Les données scientifiques actuelles ne confirment pas ce risque chez l’adulte, et les recommandations françaises ne privilégient plus l’un ou l’autre antibiotique dans la majorité des situations.

Un travail approfondi mené entre 2024 et 2025, coordonné par le Dr François Bénézit et associant l’ensemble des parties prenantes du CHU, a permis de confirmer que ces deux antibiotiques présentent une efficacité et une sécurité d’emploi comparables chez l’adulte.

Un choix éclairé aux bénéfices multiples

Dans ce contexte, la ceftriaxone est désormais recommandée en première intention au CHU de Rennes pour les indications usuelles chez l’adulte.

Ce choix s’appuie sur plusieurs avantages :

  • une organisation des soins simplifiée pour les équipes,
  • un meilleur confort pour les patients,
  • une réduction significative de l’empreinte carbone (environ trois fois inférieure),
  • un coût global moindre lié à un nombre réduit d’injections.

Certaines situations spécifiques demeurent toutefois inchangées : le céfotaxime reste privilégié chez le nourrisson pour des raisons de tolérance, tandis que la ceftriaxone est recommandée dans le traitement de certaines infections ciblées.

Chacun acteur de soins plus responsables

Au-delà de cet exemple, l’écoprescription invite chaque professionnel à questionner ses pratiques : pertinence des examens biologiques, recours à la voie intraveineuse, choix des traitements… Chaque décision a des impacts multiples, sur l’environnement, l’organisation des soins, les coûts et le confort des patients.

La commission transformation écologique, son groupe de travail éco-soins et le réseau d’ambassadeurs accompagnent les équipes du CHU de Rennes souhaitant s’engager dans des démarches de soins plus responsables.