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Flash info
Les odeurs font partie intégrante de notre environnement, souvent sans que nous en ayons pleinement conscience. Elles éveillent des souvenirs, agissent sur nos émotions et orientent nos comportements. Elles nous permettent notamment d’identifier un danger (fumée, fuite de gaz), d’apprécier les saveurs des aliments ou encore de détecter un produit périmé.
Mise en lumière par la pandémie de Covid-19, l’anosmie concerne environ 4 % de la population française. Elle correspond à une perte totale de l’odorat, parfois partielle (hyposmie), voire à une déformation des odeurs (parosmie) ou à des perceptions olfactives inexistantes (fantosmie).
Plus rarement, certains patients naissent sans odorat : on parle alors d’anosmie congénitale.
Dans certains cas, des traitements médicaux ou chirurgicaux peuvent être proposés. Toutefois, lorsqu’il s’agit d’une atteinte nerveuse ou cérébrale, il n’existe pas de traitement curatif à ce jour. La rééducation olfactive prend alors tout son sens.
Depuis 2020, le service d’ORL du CHU de Rennes a mis en place un parcours de prise en charge spécifique des patients anosmiques. Ce dispositif repose sur une collaboration étroite entre médecins ORL et deux orthophonistes spécialement formées à la rééducation de l’odorat.
Les patients peuvent être adressés par leur médecin traitant, un ORL libéral ou par d’autres services hospitaliers, notamment la neurologie.
Le diagnostic comprend un examen ORL spécialisé, incluant si nécessaire une fibroscopie nasale afin d’identifier l’origine du trouble.
Un bilan olfactif approfondi est ensuite réalisé à l’aide du Sniffin’ Sticks Test®, référence internationale pour l’évaluation de l’odorat. Ce test permet de mesurer le seuil de perception (intensité la plus faible perçue), ainsi que les capacités de discrimination et d’identification des odeurs.
Au-delà du bilan sensoriel, l’orthophoniste évalue également l’impact de l’anosmie sur la qualité de vie : perte du plaisir alimentaire, répercussions émotionnelles, difficultés sociales ou professionnelles.
La rééducation proposée est personnalisée. Elle associe :
« Nous travaillons sur les perceptions, mais aussi sur les souvenirs et les émotions associées aux odeurs. Par exemple, pour l’odeur du café, nous recréons mentalement la scène complète : le bruit de la machine, le café qui coule, l’environnement… afin de stimuler les réseaux de la mémoire olfactive », explique Audrey, orthophoniste au CHU de Rennes.
Les patients sont suivis une fois par semaine ou par quinzaine, sur une durée minimale de trois mois.
Depuis la mise en place de ce parcours, plus de 500 patients ont été reçus en bilan et près de 200 suivis en rééducation au CHU de Rennes, d'autres patients ont pu être orientés vers des spécialistes au plus près de leur domicile.
Si la récupération n’est pas systématique, de nombreux patients rapportent une amélioration de leurs perceptions et de leur qualité de vie.
